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Saint-Denis, J+1, « jusqu’ici tout va bien » ...

Unknown« Comprendre pour Agir », les amateurs de Foucault reconnaîtront sans efforts que pour le moment les réponses en direction de la jeunesse s'apparentent davantage à « Surveiller et Punir ».

 

La violence en milieu scolaire est encore montée d’un cran en Seine-Saint-Denis. Des jeunes se sont introduits dans des lycées d’une commune de notre département avec la volonté manifeste d'y commettre des dégradations et d'intimider les élèves et les équipes pédagogiques.

Devant cette situation, la FCPE de la Seine-Saint-Denis a apporté son soutien total aux parents de cette commune, mobilisés au plus près de leurs enfants, préférant affronter ce qui est malheureusement devenu leur quotidien : un climat de violence dans les banlieues sur fond de violences sociales.

 

Pour les parents, affronter le problème, c’est tenter de ramener de la sérénité dans les établissements. En effet, qui de mieux placé que les parents pour ramener leurs enfants à la raison ? Qui de mieux que les parents et leurs familles pour apporter de la sérénité au cœur même du quartier dans lequel ils vivent à longueur d'année ?

 

Soutenir ces parents, c'est les encourager à protéger leurs enfants qui ont pour certains eu à subir des gardes à vue pendant de nombreuses heures pour finalement être relâchés le lendemain pour la grande majorité d'entre eux.

 

Dans cette séquence, la Présidente de Région Île-de-France n’a pas réussi à trouver les mots pour comprendre ce qui se joue dans nos banlieues. Il en va ainsi de celles et ceux qui préfèrent a priori séparer le bon grain de l’ivraie, plutôt que de comprendre pour agir. Il en va ainsi de celles et ceux qui préfèrent afficher les coûts des dégradations plutôt que de parler de la dette de notre pays à l'égard de sa jeunesse et son incapacité à lui proposer un avenir qui ne soit pas bouché parce que « mal-nés ». C'est pour nous un signe de résignation, c'est pour nous un signe d'échec face aux difficultés qui condamnent l'avenir de nos enfants.

 

Il ne s’agit pas de justifier des violences, il faut condamner celles et ceux qui ont commis des actes délictueux. Mais nous devons jouer notre de rôle de parent en assumant pleinement notre rôle éducatif. Car, quand nos enfants en viennent à « caillasser » celles et ceux dont le rôle est de leur apporter protection et sécurité ; faut-il être aveugle pour ne pas voir que nos enfants se désespèrent d'entendre celles et ceux qui, depuis des générations leur promettent un avenir meilleur, organiser de fait la ségrégation urbaine et la ghettoïsation sociale ?

Dans cette séquence la ministre de l’Education nationale n’a pas eu de mot assez dur, prenant de fait la place du ministre de l’Intérieur, pour blâmer ces jeunes dans un amalgame coupable alors qu'ils sont, eux aussi, le produit de la République. Ce glissement institutionnel évoque à lui seul la façon dont notre jeunesse est considérée dans notre pays.

 

Aujourd’hui encore, un certain nombre de mails nous arrivent ; des mails de soutien pour certains, d’autres mails, d’insultes, nous sont également parvenus. Nous tenons à remercier celles et ceux qui nous encouragent à persister à œuvrer en faveur des enfants. Quant aux autres, nous tenons à leur dire que nous ne considérons pas à la FCPE avoir pris la défense « de voyous, de trafiquants de drogues ou d'enfants d’immigrés venus manger le pain de Français et bénéficiant de leur impôt ». Nous avons défendu des jeunes, des élèves, nos enfants, en plein accord avec la convention internationale des Droits de l'enfant dont la France, notre pays, est signataire. Car comme nous le disions avec d’autre Président de CDPE au moment des manifestations sur la « loi travail », « les parents sont désormais dans l'inquiétude de voir partir nos enfants le matin sans savoir s'ils ne rentreront pas le soir blessés ou le lendemain, après une garde à vue traumatisante ».

Voilà nous y sommes, à qui le tour ?

 

J+1 : des témoignages d'élèves font état de violences verbales de la part des policiers. Des jeunes filles font état de marques sur les poignets suite aux immobilisations qu'elles ont eu à subir pour avoir juste été au mauvais endroit au mauvais moment. A suivre...

Comprendre pour Agir, voilà les maîtres mots. Les amateurs de Foucault reconnaîtront sans efforts que pour le moment, les réponses en direction de la jeunesse s'apparentent davantage à « Surveiller et Punir ».